Un composant peut être invisible sans être mal conçu

2 min de lectureHiérarchie visuelleRechercheProduct Design

Quand un composant est peu utilisé, on soupçonne d’abord sa conception : mauvais libellé, mauvaise place dans l’arborescence, design peu engageant. Parfois c’est vrai. Un composant peut pourtant être bien dessiné, bien placé, et rester invisible. Visibilité et présence sont deux choses différentes, et les confondre mène à refondre ce qui n’a pas de problème.

Une exploration en cours chez Homair Vacances en donne un cas concret.

Le symptôme : un menu que personne n’utilise

Sur les fiches camping, un menu doit guider vers les sections de la page : espace aquatique, animations, hébergements, tarifs. Son taux de clic reste faible sur desktop, et il passe inaperçu sur mobile. Le réflexe facile consiste à le redessiner.

Écarter la première hypothèse avec la donnée

Avant de toucher au composant, il faut isoler la cause. Une étude auprès de 450 utilisateurs a écarté l’hypothèse la plus évidente, le désintérêt : le contenu de ces sections les intéresse. Le problème ne portait donc ni sur quoi on propose, ni sur comment le menu est fait.

Contentsquare a désigné le vrai coupable : un taux de scroll moyen de 27 %. La majorité des visiteurs ne descend jamais assez bas pour voir le menu. Quand 73 % des gens n’atteignent pas un composant, le problème porte sur sa position et sa visibilité. C’est le même réflexe que pour la conversion d’un tunnel de réservation : mesurer avant de refondre, pour ne pas réparer la mauvaise pièce.

Visibilité ≠ présence

Un élément présent dans le DOM, correctement stylé, accessible, peut être fonctionnellement absent pour l’utilisateur s’il vit sous la ligne de flottaison que la majorité ne franchit pas. La hiérarchie visuelle se joue aussi dans la place du composant au sein du flux de lecture réel, celui que révèlent les cartes de scroll plutôt que celui qu’on imagine en concevant.

Traiter la cause, pas le symptôme

Une fois la cause identifiée, les pistes changent de nature. On ne redessine pas le menu : on travaille sa position, son ancrage au scroll, sa persistance à l’écran. Trois pistes sont en test sur ce problème de visibilité, avant de les confronter à une recherche qualitative, parce que la donnée quantitative dit où ça coince, rarement pourquoi une solution précise marchera mieux qu’une autre. (Le détail de l’exploration : Pourquoi notre menu de navigation est-il si peu utilisé ?.)

En bref

  • Peu utilisé ≠ mal conçu. Un composant peut être bon et rester invisible : vérifiez la visibilité avant de refondre.
  • La donnée isole la cause. 450 utilisateurs ont écarté le désintérêt ; 27 % de scroll moyen ont désigné la vraie cause.
  • La hiérarchie visuelle se joue dans le flux réel. Ce qui compte, c’est la position dans le parcours que les gens font vraiment, pas celui qu’on imagine.
  • Quanti pour le « où », quali pour le « pourquoi ». Les deux se complètent, ils ne se remplacent pas.

← Retour aux notes