Exploration en cours, avant recherche utilisateur qualitative
Pourquoi notre menu de navigation produit est-il si peu utilisé ?
Sur les fiches camping, le menu censé guider vers les différentes sections (espace aquatique, animations, hébergements, tarifs…) affiche un taux de clic très faible sur desktop, et passe quasiment inaperçu sur mobile.
Une étude auprès de 450 utilisateurs a écarté l'hypothèse du désintérêt : le contenu des sections les intéresse beaucoup. Contentsquare a désigné le vrai coupable — 27 % de taux de scroll moyen : la majorité des visiteurs ne descend jamais assez bas pour voir le menu.
Trois pistes sont en test pour traiter ce problème de visibilité et de position, avant d'engager une recherche qualitative.
Résultat — Prochaine étape : confronter ces pistes à une recherche utilisateur qualitative pour valider ou invalider l'hypothèse de hiérarchie visuelle.
Un composant peut être bien conçu, bien placé dans l’arborescence, et rester invisible. C’est ce que raconte cette exploration, toujours en cours.
Elle illustre aussi une manière de travailler : traiter un signal faible de la donnée comme le début d’une hypothèse, pas comme une conclusion.
01 · Constater
Un menu conçu pour des pages très denses
Les fiches camping du site Homair sont particulièrement denses : espace aquatique, animations, installations sportives, clubs enfants et ados, types d’hébergements, activités aux alentours, services pratiques, grille tarifaire. Pour structurer cette masse d’information, un menu de navigation sticky permet de sauter directement d’une section à l’autre.
Sur le papier, le composant est utile et bien placé. Dans les faits, les données comportementales suivies via Contentsquare montrent un taux de clic par section anormalement faible au regard de l’usage attendu — et une quasi-absence d’usage sur mobile.
02 · Mesurer
Trois hypothèses, et un chiffre qui tranche
Face à ce rejet, trois hypothèses étaient sur la table :
- un désintérêt des utilisateurs pour les contenus proposés ;
- un défaut de visibilité — le menu se fond trop dans la page pour être perçu comme un outil ;
- un problème de position — le menu n’apparaît qu’après avoir scrollé, son exposition dépend donc entièrement de l’effort de l’utilisateur.
Contentsquare a désigné le coupable presque immédiatement : le taux de scroll moyen sur la fiche camping n’est que de 27 %. La très grande majorité des visiteurs ne descend jamais assez bas pour découvrir le menu. Le composant n’est pas rejeté : il n’est pas rencontré.
03 · Écarter
Éliminer la mauvaise piste avant d’investir
Restait à vérifier l’hypothèse du désintérêt — la plus tentante, parce que la plus confortable : si les gens ne cliquent pas, c’est peut-être que le contenu ne les intéresse pas.
J’ai lancé une étude sur Useberry auprès d’un panel de 450 utilisateurs. Le résultat est net, et il va à l’encontre de cette facilité : l’intérêt pour les contenus est très fort. L’espace aquatique et les animations arrivent largement en tête, chez les nouveaux visiteurs comme chez les récurrents. Les installations sportives suscitent un intérêt modéré, les clubs enfants et ados un intérêt plus faible — mais aucune section n’est ignorée.
Ce que ça démontre — écarter une hypothèse a autant de valeur que d’en valider une. Sans cette étude, la tentation aurait été de retravailler le contenu des sections, c’est-à-dire de traiter un symptôme qui n’existait pas.
Le désintérêt écarté, toute l’énergie pouvait se concentrer sur les deux vrais facteurs : visibilité et position.
04 · Explorer
Trois pistes en test
Trois directions sont explorées en parallèle, pour isoler la variable la plus déterminante avant d’engager une recherche qualitative complète.
Un A/B test de position d’abord, le plus direct : remonter le menu bien plus haut dans la page, pour qu’il soit vu sans effort de scroll.
Une recherche intégrée au menu ensuite, pour transformer une navigation passive en outil actif — c’est la piste qui change le plus la nature du composant.
L’affichage du prix d’appel à côté du CTA « Tarifs et disponibilités » enfin, pour donner au menu une valeur transactionnelle et non plus seulement utilitaire. S’y ajoutent des ajustements plus fins : couleur de fond distincte pour détacher le menu du contenu, largeur resserrée pour lui donner plus de présence relative, et animation d’apparition au scroll.
05 · Poursuivre
Prochaine étape
Ces pistes seront confrontées à une recherche utilisateur qualitative avant tout arbitrage définitif. L’objectif n’est pas de choisir la plus jolie variante : il s’agit de valider ou d’invalider l’hypothèse de hiérarchie visuelle par l’observation directe.
27 % de scroll ne me dit pas quoi faire, seulement où creuser. La réponse viendra des tests utilisateurs, une fois la bonne variable isolée.